Kate Bevan   27 décembre 2017

Les New Yorkais se rassemblent pour regarder la balle tomber à Times Square. Picture credit: Anthony Quintano / Flickr

Que l’on se trouve emmitouflé dans un manteau dans l’hémisphère nord, ou en short et tongs au sud de l’équateur, le passage à la nouvelle année donne généralement lieu à des feux d’artifice. Et les grandes villes rivalisent d’inventivité à cette occasion en illuminant leurs grandes artères.

Les Kiribati, archipel du Pacifique Sud composé de 33 îles, sont le premier Etat à passer à la nouvelle année. Il n’en a pas toujours été ainsi pour cette ancienne colonie britannique : après avoir grignoté d’autres îlots situés à l’Est de la ligne de changement de date en gagnant son indépendance, en 1979, l’archipel a un pied de chaque côté de cette frontière temporelle imaginaire.

En 1995, l’Etat du Kiribati a décidé de rapatrier la totalité de ses îles sur la même zone horaire pour que toutes vivent au même rythme, déplaçant du même coup la ligne de changement de date internationale.

Le drapeau de Kiribati reflète sa position sur la ligne de date internationale, ce qui en fait le premier endroit pour accueillir la nouvelle année. Picture credit: Steve Conover / Flickr

Auckland, capitale de la Nouvelle-Zélande, est la deuxième ville à passer à la nouvelle année, avec 12 heures d’avance sur Paris. A minuit, sa tour Sky Tower est la star et les « Kiwis » expatriés admirent le feu d’artifice en direct sur Facebook.

Vient ensuite le tour de Sydney, dont l’opéra et le port sont l’écrin du feu d’artifice. Selon les autorités locales, plus d’un million de personnes se pressent chaque année pour l’admirer jusqu’à son bouquet final.

Après l’Australie, le curseur se déplace vers l’hémisphère nord. Tokyo et Séoul ouvrent la marche. Au Japon, le nouvel an est l’occasion traditionnellement d’une visite au temple pour y prier. Lors de ce « hatsumode », la cloche sonne 108 fois. Si des feux d’artifice sont tirés ici et là par des particuliers, la ville n’organise rien. Il faut aller à Séoul, capitale de Corée du Sud, pour assister au plus grand spectacle pyrotechnique de ce fuseau horaire.

Comme à Tokyo, les habitants de Séoul débutent l’année par une prière au temple, au son des cloches notamment celle de Bosingak. Mais pour de nombreux Sud-coréens, la nouvelle année commence avec la fête du lever du soleil, notamment dans la station balnéaire de Pohang, point le plus à l’Est du pays.

Le nouvel An est ensuite célébré dans les deux heures suivantes à Pékin, Hong Kong, Manille, Singapour, puis Djakarta, Bangkok, Hanoï et Phnom Penh, suivis ensuite de Yangon et de Mandalay en Birmanie une demie heure plus tard.

Pour admirer un feu d’artifice, inutile d’aller à Pékin, qui tirera le sien pour la nouvelle année lunaire le 16 février 2018. Hong Kong, en revanche, offre un spectacle de sons et lumières saisissant sur les gratte-ciels situés en bordure du port. A Singapour, qui accueille un nombre record de travailleurs étrangers, les feux d’artifice sont tirés au niveau du complexe de Marina Bay.

Manille, capitale des Philippines, recueille tous les suffrages pour la beauté de son feu d’artifice particulièrement spectaculaire. Une vidéo réalisée pour le passage à 2015 en donne un aperçu, où la ville se pare de 1001 fontaines de feu.

Manille met sur un affichage spectaculaire. Picture credit: jopetsy / Flickr

Les villes qui sont en avance de 6 et 7 heures sur Paris accueillent ensuite la nouvelle année : Dhaka, Almaty, Bishkek, Thimphu et Astana (GMT+6), suivies par Kathmandou 15 minutes plus tard puis par l’Inde et le Pakistan encore 15 minutes après.

Jamais en reste, Dubaï, qui accueille des travailleurs de tous pays met le paquet avec son feu d’artifice, passant à la nouvelle année 5 heures avant Paris. Il est conseillé d’aller dans le quartier de Downtown, pour avoir une bonne vue sur la tour Burj Khalifa, l’un des plus grands gratte-ciels du monde d’où est tiré le feu. L’autre spot rêvé est Jumeirah Beach, pour admirer le spectacle donné au niveau de l’hôtel Burj al Arab en forme de voile de bateau.

Avec entre 20 et 30 millions d’individus expatriés, la diaspora russe aura les yeux rivés sur Moscou le 31 décembre, lorsque le feu d’artifice sera tiré sur les dômes de la cathédrale Saint-Basile sur la place Rouge. Située dans le même fuseau horaire, mais à plus de 8000 km au Sud. Nairobi se parera aussi de mille étincelles au-dessus de son quartier des affaires (CBD).

La partie Est de Europe et l’Afrique du Sud passent à la nouvelle année dans l’heure qui suit ; le front de mer de la Ville du Cap (Victoria and Albert waterfront) qui offre un panorama sur la montagne de la Table, est le point d’où sont tirés les feux d’artifice.

L’Europe occidentale arrive ensuite : Paris et Berlin se parent à leur tour de mille feux, notamment au niveau de la Tour Eiffel et de la porte de Brandebourg, éminent lieu où a eu lieu la réunification allemande.

Vient ensuite le tour du Royaume-Uni, avec Londres qui organise son feu d’artifice sur la Tamise, illuminant au passage le Parlement et Big Ben. En cours de restauration, la célèbre horloge est muette depuis plusieurs mois mais devrait retentir à nouveau pour fêter le passage à 2018.

Deux heures plus tard, Rio de Janeiro, éternelle ville festive, accueillera la nouvelle année avec un feu d’artifice au-dessus de la plage de Copacabana. La statue du Christ rédempteur veillera en majesté depuis le Mont du Corcovado sur les foules amassées sur les plages.

Six heures après Paris, New York prendra le relais, donnant au public l’embarras du choix : assister au décompte jusqu’à minuit avec le « ball drop » à Times Square, admirer depuis Brooklyn Bridge le feu d’artifice illuminant Manhattan, ou celui de Prospect Park (à Brooklyn) très apprécié aussi.

Si vous vous trouvez à Mexico City le 31 décembre, allez faire la fête dans la rue au niveau du Zocalo. Les Mexicains commencent de jour et dansent jusqu’au bout de la nuit, bien après les dernières étincelles du feu d’artifice.

Sur la Côte Ouest, la splendide baie de San Francisco sert de toile de fond au feu d’artifice. Il est conseillé de se positionner entre le Ferry Building et le célèbre pont qui enjambe la baie (Bay bridge). Pour admirer à la fois le feu d’artifice et le pont, l’idéal est de prendre place sur un bateau.

 

Les Londoniens se rassemblent le long de la rivière pour regarder le ciel d'hiver s'éclairer. Picture credit: Veselina Dzhingarova / Flickr / Tourist Destinations in London

Comptant parmi les plus petites villes d’Amérique, Anchorage, en Alaska, célèbre la nouvelle année une heure après San Francisco. Les touristes auront la chance d’y admirer le plus beau spectacle naturel qui soit, les aurores boréales. Si elles n’apparaissent pas au moment du passage à la nouvelle année, il sera possible de se rabattre sur le feu d’artifice tiré sur Town Square.

Au large, en plein Pacifique, l’archipel d’Hawaii change d’année une heure après l’Alaska. Les autorités du 50e Etat américain tirent leur feu d’artifice depuis une barge au large de la célèbre plage de Waikiki, surplombée par la montagne de la Tête de Diamant.

Les derniers lieux de la planète à changer d’année sont les petites îles américaines Baker et Howland, où rien n’est organisé pour marquer le coup car elles sont inhabitées ! Pour fêter la nouvelle année en dernier sur Terre, il faudra donc se rendre aux îles Samoa.

Si vous voulez faire la fête jusqu’au bout et que vous vous trouvez aux Kiribati, dès que les célébrations organisées dans cet archipel sont finies, sautez dans un avion pour aller aux Samoa américaines, qui se trouvent à deux heures et demie de là.

Et vous, où comptez-vous passer le cap de la nouvelle année ? Serez-vous en famille, ou à l’autre bout du monde ? Dans tous les cas, nous vous souhaitons une merveilleuse fin d’année, en sécurité.

Les feux d'artifice les plus spectaculaires de tous sont les aurores boréales, que vous avez une bonne chance de voir le réveillon du Nouvel An en Alaska. Picture credit: NASA Goddard Space Flight Center