Kate Bevan   21 décembre 2017

Le propre Franz Sindac de WorldRemit et la famille nous montrent comment emballer la boîte de balikbayan.

L’entrée en vigueur des nouvelles consignes douanières relatives à l’expédition des « colis balikbayan » a été repoussée au mois de mars 2018, avec de nombreuses conséquences pour les Philippins travaillant à l’étranger.

Ces directives, dévoilées en août dernier, ont soulevé de nombreuses protestations. Des appels ont été lancés pour réaliser une enquête à leur sujet, le public redoutant un surplus de documents administratifs à remplir pour tout envoi d’un colis vers la Philippines.

Les boîtes Balikbayan permettent à plus de 10 millions de travailleurs philippins expatriés, établis dans 170 pays, d’envoyer des produits à leur famille. Ces colis, exempts de taxes douanières, sont particulièrement importants à l’approche de Noël.

Ils contiennent généralement des cadeaux, des vêtements et des objets ménagers ; tout pour faire plaisir à la famille restée au pays. La valeur globale ne doit pas dépasser 150 000 pesos (soit 2503 €).

Les boîtes vides, en carton ondulé, s’achètent auprès des compagnies de fret maritimes qui, pour un tarif unique, les acheminent par cargo aux Philippines.

Envoyer l'amour à la maison: une file d'attente à l'aéroport avec des boîtes de balikbayan emballés plein de cadeaux. Photo: drcw / Flickr

Aucune limite de poids n’étant imposée, elles sont remplies à craquer de boîtes de conserve, bonbons, vêtements et de tout ce qui est imaginable, avant d’être solidement ficelées et scotchées à l’aide de kilomètres de ruban adhésif résistant à toute épreuve.

Tout est accepté dedans à l’exception des produits figurant dans la liste des interdits, définis par les douanes philippines :

  • De l’alcool
  • Des pièces détachées pour autos/motos
  • De la vaisselle en céramique
  • Des biens culturels ou des poteries
  • Des objets militaires
  • Des peaux d’animaux, celles de chats et chiens compris
  • De la drogue ou ses composants – sauf sur prescription médicale
  • Des armes à feu et des explosifs, entiers ou en pièces détachées
  • Du fromage, de la viande, des fruits ou des légumes – sauf en conserve
  • Des aliments périssables
  • Des animaux vivants, des plantes, des graines ou du terreau
  • Des vêtements de seconde main en quantité commerciale
  • Des articles à caractère pornographique
  • Des produits coulants ou visqueux

Le remplissage d’une boîte balikbayan est assez artistique, car il s’agit de profiter du moindre recoin.

Alors que beaucoup peuvent rentrer chez eux aux Philippines pour les vacances, d'autres envoient des boîtes de balikbayan pleines de cadeaux. Photo: Benson Kua / Flickr

Des vidéos de démonstration montrent comment optimiser le remplissage du carton, en organisant savamment vêtements et cadeaux qui feront la joie des proches aux Philippines : le but est d’en mettre autant que possible.

Certains rivalisent d’astuces, comme par exemple l’utilisation d’un sac en plastique pour doubler le fond du carton, ou enrouler une par une des bouteilles contenant des liquides en veillant à ce que les bouchons restent hermétiquement fermés à l’aide d’un adhésif.

Il est conseillé de noter au fur et à mesure les produits qui sont entassés dans le carton pour ne pas avoir à se creuser les méninges une fois que l’ensemble sera empaqueté et prêt à partir.  

Certains placent des conserves dans les chaussures pour ne perdre aucun millimètre et d’enrouler les articles les plus fragiles dans les vêtements envoyés.

Une fois le remplissage terminé,  une grande majorité conseille d’entourer le carton d’un film plastique pour le maintenir bien hermétiquement fermé.

Préparer l’envoi d’une balikbayan box est un travail très prenant, qui bénéficiait jusque-là de règles d’expédition souples plus que bienvenues. Il suffisait d’accompagner le colis d’une liste manuscrite de son contenu avec une estimation de sa valeur totale.  L’arrivée de nouvelles consignes n’est pas une bonne nouvelle si elles rajoutent une étape administrative fastidieuse.

En l’état, il est prévu que l’expéditeur remplisse un formulaire détaillant chaque élément envoyé, en fournissant des reçus ou factures pour les articles neufs – vêtements, chaussures, produits de grande consommation…. Il lui faudra aussi fournir une photocopie de son passeport (la page contenant ses informations personnelles) ou, en cas de double nationalité, la preuve de celle-ci et une photocopie de son passeport non-philippin.

Ces nouvelles règles ont pour but de lutter contre la contrebande. L’expéditeur devra avoir le statut certifié de Philippin qualifié vivant à l’étranger (QFWA), et le récipiendaire être de sa famille. Dès lors, expédier un colis à une personne extérieure au cercle familial, par exemple à un petit ami, ne permettra plus de bénéficier de l’exonération de taxes.

Ces consignes ont suscité des interrogations quant aux retards et au surplus de paperasserie à la clé. Les Philippins expatriés se disent aussi inquiets à l’idée que leur colis soit ouvert suite à un doute lors de son passage aux rayons X.

Les nouvelles règles ont été suspendues le 3 octobre par le directeur des douanes Isidro Lapeña, ce qui laisse penser que de nombreux expatriés ont déjà expédié leur boîte pour qu’elle arrive à temps pour Noël. En France, il fallait expédier la sienne au plus tard le 22 octobre, en passant par exemple par les services de l’agence parisienne Eliza.

Si vous avez déjà expédié votre colis, réjouissez-vous : les douanes ont indiqué que ceux qui respectent les nouvelles règles seront traités en priorité, récompensant ainsi le travail supplémentaire induit par leur préparation.

Difficile de savoir si les nouvelles consignes entreront en vigueur en mars prochain, mais mieux vaut commencer à s’y préparer activement.